Destin d’une peau de vache

Pour un néophyte, il faut bien avouer qu’entre une vache paissant paisiblement dans son bocage normand douillet et le dernier it bag propre à rendre hystérique toutes les fashionistas du monde, il n’y a que peu de points communs.

Et oui, cela se saurait si nos amies mugissantes cachaient sous leur robe pie un imprimé monogramme. Soit.

Et pourtant, c’est à ce mammifère indolent, qui n’évoque rarement que la perspective d’un beurre à l’échalote et de quelques frites au comptoir d’un bistro, que l’on doit les beaux écrins de ses dames. Et en passant, de nombre de nos  accessoires dont nous sommes si fiers, choisis avec le plus grand soin, bichonnés, aimés, rêvés et qui sont censés nous distinguer de la masse, révéler au grand jour notre je-ne-sais-quoi , notre élégance, notre classe. Mais l’air de rien, hein, on n’est pas des nanas !

Mais alors comment la vache devient cuir ? Voici les grandes étapes, librement interprétées.

1ère étape : le travail de rivière

Pour cela il faut déjà que le pauvre animal passe de vie à trépas. Désolé. Pas de cuir végétarien donc.

Il est ensuite séparé de sa jolie peau qui est salée et envoyée au tanneur qui va offrir à notre amie la peau de vache un véritable séjour thalasso.

La peau qui était fort déshydratée suite à son exposition au sel, va retrouver sa souplesse naturelle dans un gentil bain. Une fois retrouvée la tendresse de ses plus belles années, la peau sera épilée, puis écharnée pour éliminer tout le tissu sous cutané, les restes de graisse ou de viande. Viendront ensuite quelques étapes techniques qui permettront à la peau d’aller se faire tanner.

2ème étape : le tannage

La peau va prendre plusieurs bains avec des tanins qui vont permettre de la faire passer d’une matière putrescible, sensible à l’eau chaude et très hydratée à une matière imputrescible, résistante à l’eau chaude et peu hydratée. En gros, s’il y avait encore un doute, cela évitera à votre porte-document de meugler en plein Copil, ce qui peut être du plus mauvais effet.

3ème étape : le finissage

Et enfin, le (désormais) cuir passera par plein d’autres étapes lui permettant de s’éloigner de son destin de bête des champs pour se rapprocher de celui de bête de mode : triage, teinture, refente, et j’en passe. Avant d’aller se faire magnifier chez PIQTUS (ou d’autres.).
Et voilà comment une vache devient cuir.

La preuve qu’avec du courage, des efforts et de l’acharnement on peut faire de grande chose.

Une belle leçon de vie en somme !

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